Comment les avertissements de danger étaient-ils émis en 1948 ? Et pourquoi la sirène retentit-elle de la même manière depuis des années ?

Découvrez comment les systèmes d'alerte précoce d'Israël sont passés des cloches et trompettes aux sirènes modernes, conservant le son emblématique pour une réponse rapide au danger.

Dès la Guerre d’Indépendance, le jeune État d’Israël s’est chargé de la mission d’alerte précoce – mais ses moyens étaient maigres, et chaque implantation prenait soin d’elle-même par le biais d’observateurs, qui alertaient les habitants avec une cloche ou une trompette de la principale menace de l’époque : l’approche d’avions ennemis dans la région.

Peu après, en 1948, l’Organisation de la Défense Civile (GAA) fut créée. Ses membres portaient des uniformes et commencèrent à organiser et gérer la défense en Israël : de l’activation des alarmes à l’éducation de la population, en passant par le sauvetage des victimes lors des urgences.

À cette époque, le système d’alerte reposait presque entièrement sur de puissantes sirènes mécaniques, installées dans presque toutes les villes et implantations. Même alors, elles produisaient le son que chaque citoyen israélien reconnaît – un ton montant et descendant, avertissant d’une attaque aérienne.

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Depuis, la technologie des sirènes a considérablement changé et évolué : des premières sirènes fonctionnant avec un moteur qui faisait tourner un disque et produisait le son, aux sirènes électroniques au début des années 1990, jusqu’aux plus récentes qui diffusent également des messages vocaux comme « Alerte Rouge ».

Et malgré tous les changements, le son de l’alarme est resté le même – et ce n’est pas par hasard. Ce type de son spécifique est utilisé par les systèmes d’alerte depuis la Seconde Guerre mondiale – et pas seulement en Israël. Cela est dû à des années de recherche psychologique qui ont abordé la question : quel son fait réagir les gens le plus rapidement au danger ?

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En effet, il a été déterminé que le cerveau humain est sensible à une fréquence montante et descendante, et ne peut l’ignorer. Elle provoque une augmentation du rythme cardiaque, une sécrétion d’adrénaline, une alerte immédiate et une focalisation de l’attention – ou en d’autres termes, elle éveille le mécanisme de survie du corps.

Pendant la Guerre des Six Jours et la Guerre du Kippour, il existait déjà un système d’alerte national dans le pays, avec une seule zone d’alerte – car il était impossible de savoir où les avions attaqueraient réellement. Ainsi, lorsque les observateurs détectaient des avions approchant d’Israël, tous les citoyens du pays, de Metula à Eilat, recevaient un signal pour se mettre à l’abri, que ce soit dans des abris ou des tranchées creusées près de leurs maisons. À la fin de l’attaque, une sirène continue de soulagement retentissait dans tout le pays.

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Le tournant s’est produit pendant la Guerre du Golfe en 1991. Le temps de défense a été considérablement réduit, car cette fois, il ne s’agissait pas d’avions, mais de nombreux missiles tirés sur le front intérieur. Pour changer – il était possible d’indiquer où ils allaient frapper. C’est alors qu’une « carte des sirènes » a été développée, divisant le pays en plusieurs zones géographiques distinctes, mais elle était alors utilisée uniquement pour une libération progressive des zones protégées – pas pour y entrer. Autrement dit, tout le monde entrait, puis l’instruction était donnée sur qui pouvait sortir et quand.

Le mécanisme a bien fonctionné : il a donc été décidé de mettre en œuvre un système d’alerte sélectif, qui a divisé le pays en plusieurs zones de sirènes supplémentaires. Il déclenchait une alarme uniquement dans les endroits où des missiles étaient censés atterrir – s’ils n’étaient pas, Dieu nous en garde, neutralisés par les systèmes de défense aérienne. Et en 1992, un organisme officiel dédié a été créé dont la mission est d’accompagner, de guider, et aussi de secourir, surtout en ces jours – le Commandement du front intérieur.

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Le Commandement a créé un nouveau concept, qui stipule que le système de défense est responsable du combat sur le front et de la gestion du front intérieur de manière égale. Et c’est alors que la révolution a commencé : chaque appartement construit en Israël depuis lors a été obligé d’avoir un espace protégé (Mamad ou Makak), l’information publique et la formation à la protection ont pris de l’ampleur, et des kits de protection personnels ont été distribués à tous les citoyens.

En 1997, le pays a été divisé en 10 zones d’alerte, et en 2006, lors de la Seconde Guerre du Liban, il était déjà divisé en 25. Et à la date de rédaction de ces lignes, il existe plus de 1 700 zones également appelées « polygones », ce qui permet d’activer des alarmes dans des implantations spécifiques et même dans des quartiers spécifiques de grandes villes. Cette mesure a considérablement réduit la fréquence d’entrée dans les zones protégées et a permis une continuité fonctionnelle.

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Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’attendre seulement qu’une alarme retentisse du toit d’un bâtiment pour être informé. Dès 2016, l’application du Commandement du front intérieur a été lancée au public, et pour la première fois, des alertes ont été reçues directement sur les téléphones portables. L’application a également été adaptée aux malentendants et aux sourds : elle les alerte par vibration et par le clignotement de la lampe de poche.

Et oui, nous connaissons tous le message fort, qui signale de « faire demi-tour » quelques instants avant d’entrer sous la douche. Il s’agit de la technologie « Cell Broadcast » – tous les détenteurs de téléphones portables dans une zone sous « Alerte Extrême » reçoivent un SMS envoyé directement sur leur appareil, accompagné d’un son dédié, sans avoir besoin de télécharger une application ni d’aucune action de la part du citoyen.

Le système fonctionne également sans accès à Internet : car son objectif est de fournir un avertissement à chaque personne, à tout moment et en tout lieu. Il est important de noter qu’il ne reçoit aucune information sur les appareils ou leur localisation, et que la vie privée de l’utilisateur est pleinement préservée.

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Depuis 78 ans, le même son nous fait sauter du lit, lacer nos chaussures et courir vers une zone protégée sans hésitation. Et bien que le son de l’alarme soit resté le même, le système qui l’actionne a été perfectionné des centaines de fois, pour créer une défense civile optimale.