Procès Netanyahou : reprise dimanche après la suspension du tribunal en temps de guerre

Le procès pénal du Premier ministre Benyamin Netanyahou reprend dimanche à Jérusalem après un arrêt lié à la guerre, avec la poursuite des audiences à Tel-Aviv suite aux mesures d'urgence.

Par Pesach Benson • 9 avril 2026

Jérusalem, 9 avril 2026 (TPS-IL) — Le procès pénal du Premier ministre Benyamin Netanyahou reprendra dimanche après une suspension de plusieurs semaines causée par les mesures d’urgence de guerre, ont statué jeudi les juges du tribunal de district de Jérusalem.

« Avec la levée de l’état d’urgence et le retour du système judiciaire au travail, les audiences reprendront comme prévu », a indiqué le panel dans sa décision.

Selon le calendrier rétabli, les audiences auront lieu les dimanches à Jérusalem et se poursuivront du lundi au mercredi au tribunal de district de Tel-Aviv. La prochaine session est prévue pour dimanche à 9h30 à Jérusalem, où un témoin de la défense devrait être entendu. Pour des raisons de sécurité, le témoignage de Netanyahou s’est déroulé dans une salle située sous le tribunal de district de Tel-Aviv.

La suspension découlait des restrictions imposées après le déclenchement de la guerre avec l’Iran, lorsque le ministère israélien de la Justice a placé les tribunaux sous un format d’urgence spécial qui limitait l’activité aux affaires urgentes. Les audiences de preuves, y compris le témoignage de Netanyahou, ont été interrompues pendant cette période. Avec un cessez-le-feu désormais en vigueur, la plupart des tribunaux ont repris leurs activités normales.

Netanyahou a fait une demande de grâce sans précédent dans une lettre adressée à Herzog en novembre. Le président américain Donald Trump a critiqué Herzog à plusieurs reprises pour ne pas avoir accordé de grâce, qualifiant le président israélien de « type faible et pathétique ». Herzog a répliqué à Trump, déclarant : « La dignité israélienne n’est pas à vendre ».

Les accusations découlent de trois enquêtes policières distinctes. Netanyahou nie toute faute.

Dans l’affaire dite « Affaire Bezeq », Netanyahou, alors qu’il était ministre des Communications, est accusé d’avoir accordé des avantages réglementaires au géant des télécommunications Bezeq. En retour, l’actionnaire majoritaire de Bezeq, Shaul Elovitch, aurait fourni à Netanyahou une couverture médiatique favorable sur le site d’information Walla, qu’il possédait.

Dans la deuxième enquête, connue sous le nom d’« Affaire Yediot », Netanyahou aurait aidé l’éditeur de Yediot Aharonot, Arnon Mozes, en faisant avancer des réglementations sur la distribution de journaux à l’avantage de Mozes. En échange, Mozes est accusé d’avoir offert à Netanyahou une couverture médiatique favorable.

Dans une enquête distincte connue sous le nom d’« Affaire des Cadeaux », Netanyahou et son épouse, Sara, sont accusés d’avoir accepté 200 000 dollars de cadeaux du producteur hollywoodien Arnon Milchan en échange d’une aide pour un visa américain et de modifications des dispositions fiscales bénéficiant à Milchan. Cette affaire est largement considérée comme la plus grave contre Netanyahou.

Netanyahou, qui a été mis en examen en 2019, a passé environ 80 jours à la barre des témoins, d’abord sous le contre-interrogatoire de son avocat de la défense Amit Hadad, puis sous le contre-interrogatoire des procureurs.

Le calendrier judiciaire pourrait compliquer les efforts pour achever les témoignages à court terme. La session judiciaire actuelle se termine le 21 juillet, après quoi les tribunaux israéliens observeront une pause estivale jusqu’au début septembre. Les fêtes, y compris le Jour de l’Indépendance, limitent encore le temps disponible.

Aucun Premier ministre israélien en exercice n’a jamais été mis en examen pour des accusations criminelles. Ehud Olmert a démissionné en 2008 avant sa propre mise en examen pour corruption. Olmert a finalement été condamné et a purgé les deux tiers d’une peine de 27 mois de prison.