Par Pesach Benson • 19 novembre 2025
Jérusalem, 19 novembre 2025 (TPS-IL) — Les centres de crise pour les victimes de viol en Israël ont reçu plus de 55 000 demandes d’assistance en 2023, la grande majorité des cas ne se soldant jamais par des poursuites pénales, selon un rapport annuel publié mercredi.
Le rapport a été publié par l’Association des centres de crise pour les victimes de viol en Israël (ARCCI) avant la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes le 25 novembre. Couvrant la période avant l’attaque du 7 octobre 2023 par le Hamas, l’ARCCI a rapporté que près de 60 % des nouveaux cas impliquaient des mineurs de moins de 18 ans, dont 28 % concernaient des enfants de 12 ans et moins. Les données ont également révélé un système judiciaire luttant pour poursuivre les infractions sexuelles, avec 81 % des cas d’agression sexuelle et de harcèlement clos par les procureurs sans dépôt d’actes d’accusation.
Les conclusions mettent en lumière les défis persistants dans la lutte contre la violence sexuelle malgré le système juridique relativement développé d’Israël et ses institutions démocratiques de style occidental. Selon la directrice exécutive de l’ARCCI, Orit Sulitzeanu, bien que la sensibilisation du public ait augmenté, les réponses des forces de l’ordre restent inadéquates.
Les neuf centres de crise pour les victimes de viol desservant les communautés juives et arabes ont reçu un total de 55 044 contacts en 2023, dont 17 484 nouveaux cas.
Le rapport a révélé que 85 % des agressions étaient commises par une personne connue de la victime. Les membres de la famille étaient responsables de 35 % des agressions signalées, les parents représentant 10 %, les frères et sœurs 13 %, et les oncles ou tantes 11 %. Les partenaires intimes actuels ou anciens représentaient 19 % des cas, tandis que les amis et connaissances en représentaient 22 %.
Parmi les nouveaux cas pour lesquels des informations suffisantes ont été fournies, 87 % impliquaient des victimes féminines, tandis que 13 % impliquaient des victimes masculines. Les auteurs étaient majoritairement des hommes, représentant 98 % des agresseurs signalés.
La nature des abus variait largement. Selon le rapport, 36 % des cas impliquaient de l’inceste, 28 % impliquaient un viol ou une tentative de viol, et 21 % impliquaient du harcèlement sexuel. 11 % des cas supplémentaires impliquaient des actes indécents, tandis que 2 % impliquaient des agressions sexuelles en groupe.
Plus de la moitié de toutes les agressions sexuelles signalées se sont produites au domicile des victimes, ont montré les données. Les institutions éducatives ou religieuses représentaient 8 % des incidents, tandis que les lieux de travail représentaient 6 %. Internet ou le téléphone étaient le lieu de 8 % des cas signalés, reflétant la dimension numérique croissante du harcèlement et des abus sexuels.
Les données de la police incluses dans le rapport ont montré que les autorités israéliennes ont ouvert 6 405 enquêtes criminelles sur des crimes sexuels en 2023, soit une baisse de 3 % par rapport à l’année précédente. Parmi celles-ci, les procureurs n’ont déposé des actes d’accusation que dans 663 cas, représentant environ 17 % des enquêtes terminées. La grande majorité des cas—3 175 enquêtes—ont été closes pour insuffisance de preuves, un taux de clôture que les défenseurs disent refléter des problèmes systémiques dans la façon dont les affaires d’agression sexuelle sont enquêtées et poursuivies.
Le rapport a également documenté des lacunes significatives dans les services de réhabilitation pour les délinquants sexuels condamnés. Parmi les prisonniers purgeant des peines pour des crimes sexuels, 28 % n’ont reçu aucun traitement psychologique, tandis que seuls 24 % participaient activement à des programmes de réhabilitation spécialisés pour les délinquants sexuels. Il s’agit d’une baisse significative par rapport à 2020, où 53 % des délinquants sexuels incarcérés participaient à des programmes de traitement.
Les attaques menées par le Hamas le 7 octobre 2023 contre Israël et la guerre subséquente à Gaza ont créé des défis supplémentaires pour les victimes de violence sexuelle. Au cours des six premiers mois du conflit, les centres de crise ont reçu 26 379 demandes d’aide, dont 8 340 nouveaux cas. Les attaques elles-mêmes ont inclus de nombreux rapports de violence sexuelle, que l’association a documentés dans un rapport distinct qui a attiré l’attention internationale.
De nombreuses victimes de traumatismes sexuels passés ont vécu ce que ce rapport a appelé une « hiérarchie de la souffrance », exprimant des hésitations à demander de l’aide à un moment où la nation se concentrait sur les otages détenus à Gaza et les victimes militaires.
Le nouveau rapport a noté que les victimes ayant déjà subi une agression sexuelle ont signalé une détérioration des symptômes de santé mentale pendant la guerre, ainsi que le sentiment d’être reléguées au second plan alors que les ressources étaient dirigées vers la gestion des traumatismes de guerre. La crise a également créé de nouvelles vulnérabilités, avec des rapports faisant état d’agressions sexuelles dans les centres d’évacuation où les familles déplacées étaient hébergées.
L’ARCCI a également noté que six nouvelles lois ont été promulguées, notamment une extension de la représentation légale gratuite pour toutes les victimes d’infractions sexuelles à partir du dépôt d’une plainte, plutôt qu’après le dépôt d’accusations formelles. L’association a également contribué à l’établissement de protocoles pour le traitement des cas de violence sexuelle liés aux attaques du 7 octobre et a travaillé avec des organisations internationales, notamment en rencontrant des responsables des Nations Unies et des membres du Congrès américain, pour documenter les violences sexuelles en temps de guerre.


































