Une étude lie la gravité des douleurs chroniques à la colère et au sentiment d’injustice

Découvrez comment la gravité de la douleur chronique est liée à la perception de la colère et de l'injustice dans une étude révolutionnaire menée par des chercheurs israéliens. Les facteurs émotionnels pourraient être essentiels pour prédire.

Par Pesach Benson • 3 décembre 2025

Jérusalem, 3 décembre 2025 (TPS-IL) — La douleur chronique ne serait pas seulement une condition physique – elle est également profondément liée à la façon dont les patients gèrent la colère et perçoivent l’équité. Une étude internationale dirigée par des chercheurs israéliens a révélé que les personnes se sentant lésées ou traitées de manière injuste par leur condition sont plus susceptibles de ressentir des douleurs sévères et durables, suggérant que les facteurs émotionnels pourraient être tout aussi importants que la biologie pour prédire les résultats.

L’équipe de recherche, dirigée par le Dr Gadi Gilam, responsable du laboratoire de neurosciences sociales, cognitives et affectives translationnelles (tSCAN) à l’Institut de recherche biomédicale et buccale de l’Université hébraïque, a examiné plus de 700 adultes vivant avec des douleurs chroniques. Les collaborateurs incluaient des équipes de l’Université Stanford, de l’Université de Boston et de l’Université d’Innsbruck. Les résultats ont été publiés dans la revue spécialisée The Journal of Pain.

En utilisant une méthode appelée analyse de profil latent, les chercheurs ont identifié quatre « profils de colère », capturant comment les patients vivent, expriment et régulent la colère, et dans quelle mesure ils se sentent lésés par leur situation. Les résultats étaient frappants. Les participants présentant des niveaux moyens à élevés de colère et d’injustice perçue – ceux qui considéraient leur douleur comme injuste ou représentant une perte personnelle – ont signalé les pires résultats. Ils ont ressenti une intensité de douleur plus élevée, plus d’inconfort généralisé, ainsi qu’une plus grande incapacité et détresse émotionnelle.

En revanche, les patients qui géraient efficacement leur colère et maintenaient une vision moins rancunière de leur condition s’en sortaient nettement mieux avec le temps.

« La colère n’est pas intrinsèquement mauvaise », a expliqué Gilam. « C’est un signal émotionnel quotidien courant et peut favoriser le bien-être personnel et interpersonnel lorsqu’il est bien régulé. Mais lorsque la colère se mélange à un sentiment d’injustice, qui est en soi un déclencheur de réactions en colère, elle peut piéger les gens dans un cycle de souffrance émotionnelle et physique qui amplifie et maintient la douleur chronique. »

L’étude a suivi 242 participants pendant environ cinq mois, confirmant que les profils de colère prédisaient les résultats futurs en matière de douleur même après avoir tenu compte de l’anxiété et de la dépression. Les résultats suggèrent que l’évaluation de la colère et de l’injustice perçue pourrait servir de système d’alerte précoce, aidant les cliniciens à identifier les patients à risque de douleur à long terme et à fort impact, et à concevoir des plans de traitement plus ciblés.

« Cette étude souligne que la façon dont les patients perçoivent leur douleur, en particulier s’ils la considèrent comme injuste, pourrait être tout aussi importante que les causes biologiques », a déclaré Gilam. « Nous n’avons actuellement pas de pilule simple pour guérir la douleur chronique, ni d’outils solides pour prédire quelle douleur persistera. L’intégration des évaluations de la colère et de l’injustice dans le traitement pourrait fondamentalement améliorer les résultats. »

La recherche met en avant des interventions pratiques, notamment la thérapie de sensibilisation et d’expression émotionnelle et des approches basées sur la compassion, pour aider les patients à gérer la colère et à reformuler leur perception de l’injustice. Les experts affirment que ce changement pourrait transformer les soins de la douleur en abordant non seulement les symptômes physiques, mais aussi les dimensions émotionnelles et psychologiques qui maintiennent la douleur en vie.

Pour les patients, comprendre le rôle de la colère et de l’injustice dans leur souffrance peut ouvrir de nouvelles voies de soulagement. Des techniques telles que la thérapie de sensibilisation et d’expression émotionnelle (EAET), la pleine conscience ou les stratégies cognitivo-comportementales peuvent aider les individus à reconnaître quand la colère ou un sentiment d’injustice intensifie leur souffrance. Apprendre à reformuler la douleur comme une expérience biologique neutre plutôt qu’un tort personnel peut réduire son intensité perçue.

Pour les cliniciens, les résultats offrent un chemin vers des soins plus personnalisés et efficaces. L’évaluation des profils de colère des patients et de leurs perceptions de l’injustice peut aider à identifier ceux à risque de douleur persistante ou sévère. Les plans de traitement peuvent alors combiner des approches conventionnelles, telles que les médicaments et la physiothérapie, avec des interventions axées sur les émotions adaptées au profil psychologique du patient.