Par Pesach Benson • 20 avril 2026
Jérusalem, 20 avril 2026 (TPS-IL) — Les autorités israéliennes ont démantelé lundi un appareil clandestin dirigé par l’Iran et supervisé par le Corps des Gardiens de la révolution islamique, qui ciblait de hauts responsables israéliens et des infrastructures stratégiques à l’étranger.
Le Mossad, l’Agence de sécurité israélienne (Shin Bet) et les Forces de défense israéliennes (Tsahal) ont déclaré que cette révélation fait suite à une série d’opérations menées en mars, au cours desquelles des frappes aériennes israéliennes ont éliminé des dirigeants iraniens clés. L’annonce conjointe a mentionné une coopération avec des services de sécurité étrangers qui a conduit à des arrestations et des interrogatoires de membres présumés de cellules dans plusieurs pays.
L’un des cas les plus significatifs mis en lumière s’est déroulé en Azerbaïdjan, où les autorités locales ont déclaré avoir déjoué des complots visant à la fois des intérêts liés à Israël et des intérêts occidentaux. Il s’agissait notamment du pipeline pétrolier Bakou-Tbilissi-Ceyhan, qui transporte de l’énergie via la Géorgie et la Turquie, ainsi que de l’ambassade israélienne à Bakou, d’une synagogue et de personnes liées à la communauté juive locale.
Le service de sécurité de l’État d’Azerbaïdjan a déclaré avoir « empêché des actes terroristes et des opérations de renseignement en Azerbaïdjan organisés par le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) de l’Iran ». Les autorités ont déclaré que des suspects avaient été détenus avec des drones explosifs et d’autres matériels qui auraient été introduits clandestinement dans le pays, et qu’ils menaient des surveillances sur des cibles potentielles sous les instructions de leurs commanditaires en Iran.
Selon la déclaration israélienne, ces arrestations ont permis de découvrir une structure plus large opérant sous le renseignement du CGRI. En son centre se trouvait Rahman Moqadam, identifié comme le chef de la Division des opérations spéciales 4000, que l’on sait responsable des opérations extérieures et du trafic d’armes, selon Israël. Moqadam aurait été tué dans une frappe israélienne au début de la campagne, selon la déclaration.
Le chef du renseignement du CGRI, Majid Khademi, est également nommé comme ayant supervisé l’unité avant d’être tué durant la même période. Des responsables israéliens affirment que l’appareil recrutait et formait des agents à l’intérieur et à l’extérieur de l’Iran, avec pour instruction de collecter des renseignements sur des personnalités politiques israéliennes, des responsables de la sécurité, des sites militaires, des ports, ainsi que des actifs commerciaux et navals israéliens à l’étranger.
Une autre figure nommée dans la déclaration est Mohsen Suri, décrit comme un agent expérimenté au sein de la Division 4000. Il aurait coordonné avec des cellules sur le terrain en dehors de l’Iran et aurait été tué plus tard lors d’une frappe israélienne après avoir été localisé grâce aux efforts de renseignement conjoints du Mossad et du Shin Bet.
La déclaration fait également référence à Mehdi Yekeh-Dehghan, connu sous le nom de « le Docteur », qui est décrit comme ayant dirigé des opérations liées à l’Azerbaïdjan et à d’autres régions. Il est accusé d’avoir orchestré le mouvement de drones explosifs de l’Iran via la Turquie vers Chypre, et d’avoir supervisé la collecte de renseignements sur la base aérienne américaine d’Incirlik à Adana. Les autorités turques ont déjà signalé des arrestations liées à des activités d’espionnage présumées dirigées par l’Iran, impliquant des méthodes similaires.
Les responsables de la sécurité israélienne affirment que ce réseau fait partie d’un effort iranien plus large visant à établir des cellules clandestines ciblant les intérêts israéliens, juifs et occidentaux à l’étranger ces dernières années. La déclaration fait également référence à une coopération avec des acteurs régionaux alignés, y compris des milices pro-iraniennes en Irak, dans le cadre de la stratégie d’opérations extérieures de l’Iran.
Les agences affirment que le démantèlement de certaines parties du réseau met en évidence à la fois son étendue opérationnelle et sa vulnérabilité une fois exposé. Selon la déclaration, l’utilisation par l’Iran d’opérateurs dans des pays tiers vise à préserver la possibilité de déni, mais « l’exposition de ces mécanismes sape à plusieurs reprises cet objectif et limite leur capacité à opérer clandestinement ».
Les autorités ont ajouté que les enquêtes se poursuivent dans plusieurs pays et que d’autres arrestations sont attendues.