Par Pesach Benson • 10 mars 2026
Jérusalem, 10 mars 2026 (TPS-IL) — Les procureurs néerlandais ont confirmé qu’ils n’avaient pas l’intention de poursuivre l’homme d’affaires israélien Dan Gertler, selon une lettre du Service des poursuites publiques des Pays-Bas consultée par The Press Service of Israel. Cette lettre constitue le développement le plus significatif dans une enquête néerlandaise de plusieurs années sur des paiements effectués à un ancien responsable de la République démocratique du Congo dans le cadre d’accords miniers lucratifs.
La lettre adressée aux avocats de Gertler indique que les autorités « ne poursuivront pas votre client Dan Gertler sur la base du dossier Samos (numéro de dossier 62864) », à moins qu’elles n’y soient contraintes par une procédure légale spéciale en vertu de l’article 12 du Code de procédure pénale néerlandais. La lettre était datée du 6 mars et signée par le procureur A.C. Schaafsma.
La lettre ne fournissait pas de raisons pour la décision de ne pas poursuivre.
L’enquête néerlandaise, connue en interne sous le nom de « Samos », remonte à environ 2018, lorsque les autorités auraient examiné les flux financiers liés aux accords miniers en République démocratique du Congo (RDC) par le groupe Fleurette – la société holding de Gertler – et Glencore, une multinationale suisse spécialisée dans les matières premières et l’exploitation minière. L’enquête s’est concentrée sur les efforts de Fleurette pour obtenir des licences minières rentables pour le cobalt et le cuivre par le biais de ce que les procureurs ont qualifié de dizaines de millions de dollars de paiements illégaux à Augustin Katumba, un conseiller du président de l’époque, Laurent Kabila. Katumba a été tué dans un accident d’avion en 2012.
L’enquête a examiné des allégations selon lesquelles des transactions au Congo auraient pu transiter par des structures d’entreprise européennes, y compris des sociétés enregistrées aux Pays-Bas.
Dans une annexe jointe à l’ordonnance pénale, Fleurette a déclaré que les preuves à son encontre étaient peu fiables. Fleurette a ajouté qu’elle avait agi de bonne foi et croyait que les paiements à Katumba étaient légaux. La société a cité des avis juridiques qu’elle avait reçus au Congo indiquant que, selon le droit local, il n’était pas considéré comme un fonctionnaire.
Bien que Gertler évite les poursuites pénales, le groupe Fleurette paiera une transaction de 25,8 millions d’euros (30 millions de dollars).
Malgré la lettre, la décision néerlandaise n’est pas entièrement définitive.
En vertu de l’article 12 du code de procédure pénale néerlandais, une partie ayant un intérêt direct dans une affaire, telle qu’une victime, peut demander à une cour d’appel de réexaminer la décision d’un procureur de ne pas engager de poursuites. Si la cour accepte la plainte, elle peut ordonner aux procureurs de procéder à une affaire pénale, bien que de telles procédures soient relativement rares.
Ce développement pourrait ouvrir la voie à la levée des sanctions américaines contre Gertler. Le milliardaire est soumis à des sanctions américaines depuis 2017 en vertu du Global Magnitsky Act, imposées par le Département du Trésor américain pour des allégations liées à la corruption dans le secteur minier congolais. Le président américain Donald Trump a levé certaines de ces sanctions lors de son premier mandat, mais elles ont ensuite été rétablies par l’administration de l’ancien président Joe Biden.
Gertler maintient son innocence.



























