Une étude israélo-allemande révèle une nouvelle voie pour comprendre le cancer

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Des chercheurs de l'Université hébraïque et du Centre allemand de recherche sur le cancer ont découvert une nouvelle façon dont la perte de p53 endommage l'ADN, révélant comment les tumeurs se développent.

Des scientifiques israéliens et allemands identifient un nouveau mécanisme lié au cancer

Jérusalem, 7 septembre 2026 (TPS-IL) — Des scientifiques israéliens et allemands ont identifié un mécanisme jusqu’alors inconnu par lequel la perte d’une protéine clé dans la lutte contre le cancer peut endommager l’ADN d’une cellule, apportant potentiellement un nouvel éclairage sur le développement des tumeurs.

La protéine, connue sous le nom de p53, est l’une des défenses les plus importantes du corps contre le cancer. Produite par le gène TP53, elle agit comme un système de contrôle qualité, détectant les problèmes graves au sein des cellules et empêchant la multiplication des cellules endommagées.

L’étude a révélé que la p53 joue également un autre rôle : elle aide à garantir que les cellules ne consomment pas une quantité excessive des éléments constitutifs nécessaires à la copie de leur ADN. Lorsque la p53 est perdue ou défectueuse, les cellules produisent des quantités anormalement élevées d’ARN, utilisant ainsi davantage de ces éléments constitutifs partagés et en laissant moins disponibles pour la réplication de l’ADN.

Cette pénurie peut entraîner des dommages à l’ADN et une instabilité chromosomique, contribuant potentiellement au développement des tumeurs.

L’étude a été dirigée par l’étudiant en doctorat Wisam Zaatra et le professeur Batsheva Kerem de l’Université hébraïque de Jérusalem, en collaboration avec l’étudiant en doctorat George Philippos et le professeur Aurélie Ernst du Centre allemand de recherche sur le cancer et de l’Université de Heidelberg.

L’ARN et l’ADN sont tous deux composés d’unités de base appelées nucléotides. Les chercheurs ont découvert que lorsque la p53 est perdue ou défectueuse, l’augmentation de la production d’ARN qui en résulte consomme plus de nucléotides, en laissant moins disponibles pour la copie de l’ADN.

La pénurie résultante, connue sous le nom de stress de réplication, peut entraîner des ruptures d’ADN, des dommages aux extrémités des chromosomes et la formation de micronoyaux – de petites structures contenant du matériel génétique mal placé ou endommagé. Dans les cas graves, cette instabilité peut entraîner une chromothripsie, un phénomène observé dans de nombreux cancers où un chromosome se brise et est mal réassemblé.

Un lien plus large avec le cancer

Les chercheurs ont étudié des cellules de patients atteints du syndrome de Li-Fraumeni, une maladie héréditaire rare qui augmente considérablement le risque de développer un cancer en raison d’une altération nocive dans une copie du gène TP53. Ils ont également examiné d’autres types de cellules humaines, y compris des cellules mammaires, et ont trouvé le même mécanisme sous-jacent. Une analyse de milliers de tumeurs dans 31 types de cancer a montré que les tumeurs avec une p53 endommagée ou manquante avaient tendance à présenter des niveaux d’ARN anormalement élevés, renforçant le lien entre la perte de p53, la production excessive d’ARN et les problèmes de réplication de l’ADN.

Dans d’autres expériences, la restauration de l’approvisionnement en éléments constitutifs de l’ADN des cellules ou la réduction de leur production excessive d’ARN a atténué le stress de réplication et les dommages à l’ADN. Les résultats suggèrent que le déséquilibre contribue activement aux dommages plutôt que de simplement se produire en parallèle.

Les chercheurs ont déclaré que ces découvertes pourraient éventuellement aider à informer de nouvelles approches pour traiter les cancers dans lesquels la p53 est endommagée ou manquante, potentiellement en ciblant la production excessive d’ARN. Ils ont toutefois souligné que cette découverte ne représente pas encore un traitement contre le cancer, et qu’aucune thérapie n’a émergé de cette recherche jusqu’à présent.

L’étude a été publiée dans la revue à comité de lecture Molecular Cell.

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