Le moteur bleu peut le faire. Il est maintenant temps de relier les wagons du train.

Le secteur de l'IA en Israël brille dans les classements mondiaux, avec des forces en matière d'innovation, de capital-risque et de technologie. Cette "machine bleu et blanc" peut-elle mener le pays à

Nir Yanovsky-Dagan dirige l’unité Innovation, Données et Intelligence Artificielle de l’Agence Nationale du Numérique d’Israël.

L’une des histoires pour enfants les plus emblématiques—et un récit fondateur de la culture entrepreneuriale—est Le Petit Train qui Pouvait. Dans cette histoire, un train-jouet tombe en panne sur les rails et a besoin d’aide. Plusieurs grands et impressionnants trains passent, chacun expliquant pourquoi ils ne peuvent pas aider. Finalement, c’est un petit train bleu qui vient à la rescousse, se connectant aux wagons et, grâce à une détermination sans faille, les tirant par-dessus la montagne vers une fin heureuse.

Tout lecteur du récent rapport de l’OCDE sur le secteur de l’IA en Israël pourrait voir un schéma familier. Comme le petit train, Israël peut être petit, mais il se distingue par sa force en matière d’innovation scientifique, de capital-risque et de commercialisation technologique à l’échelle mondiale. Israël figure parmi les dix premiers mondiaux en termes d’investissement, de recherche et d’application en matière d’IA.

En cette période d’incertitude nationale et économique profonde, ce moteur « bleu et blanc » est un atout stratégique. Même une fois la guerre terminée, Israël pourrait faire face à une période financière difficile. Après la guerre du Kippour, le pays a connu une décennie économique perdue. Pour éviter un sort similaire, le leadership en matière d’IA pourrait être le moteur qui propulse Israël de la récession vers la reprise.

Mais, tout comme dans l’histoire pour enfants, un moteur seul ne suffit pas. Le véritable pouvoir réside dans sa connexion au reste du train. Et c’est là que réside le problème. Le rapport de l’OCDE sonne également un avertissement clair : Israël a régulièrement échoué à relier son moteur d’innovation en IA à l’économie dans son ensemble. Les industries traditionnelles et le secteur public ont été lents à adopter les nouvelles technologies. Le niveau de compétences numériques moyen en Israël est faible selon les normes mondiales. Cette rupture crée une économie à deux vitesses—l’une où nous pouvons intercepter des missiles dans l’espace, mais avons encore du mal à calculer correctement le salaire d’un enseignant.

La bonne nouvelle est que ce fossé peut être comblé. Cela nécessite un effort national conjoint. Le secteur de la haute technologie est prêt. Immédiatement après le 7 octobre, des centaines d’entreprises se sont mobilisées pour offrir des solutions technologiques pour des besoins d’urgence. Beaucoup investissent massivement dans la connexion à l’infrastructure cloud gouvernementale, rendant une mise en œuvre rapide et sécurisée possible. Leur participation à des initiatives autour du retour d’otages et de la réforme judiciaire montre un fort sens de responsabilité sociale.

Dans le même temps, des milliers de fonctionnaires du secteur public travaillent à faire avancer l’innovation. Des programmes comme les Appels à Défis et l’Arena des Défis Gouvernementaux aident déjà à mettre en correspondance les besoins du gouvernement avec des solutions du secteur privé. Les partenariats avec le monde universitaire et les pilotes d’implémentation en IA à travers les ministères commencent à donner des résultats révolutionnaires. Avec un investissement accru, ces efforts peuvent transformer l’IA en un outil puissant pour améliorer les services publics à tous les niveaux.

L’intersection de l’IA et du service public a un immense potentiel social. Dans l’éducation, l’IA peut personnaliser l’apprentissage et réduire les taux d’abandon. Dans le domaine de la santé, elle peut permettre un diagnostic précoce et aider à prévenir les futures pandémies. Dans les transports, elle peut réduire les accidents de la route, désengorger la circulation et améliorer les transports en commun. Dans le domaine du bien-être, elle peut aider à identifier les populations vulnérables, prévenir l’addiction, protéger les travailleurs sociaux de l’épuisement professionnel et garantir que les citoyens puissent exercer leurs droits.

Bien sûr, tout cela doit être fait avec soin. L’utilisation responsable, transparente et éthique de l’IA est non négociable. Mais avec le bon équilibre entre vision sociale et expertise technique, nous pouvons traduire l’innovation en un impact significatif et concret.

Le rapport de l’OCDE est clair : le moteur d’IA d’Israël est fort et prêt. Nous sommes bien positionnés dans la course mondiale à l’IA. Il est maintenant temps de connecter ce moteur au reste du train—en particulier au secteur public—afin que tout le pays puisse avancer.

Tout comme dans l’histoire, c’est la connexion entre l’énergie entrepreneuriale et le but social qui garantit que le train atteigne sa destination.