Israël : le Génie de combat intègre la robotique pour protéger ses soldats
Le champ de bataille évolue, y compris dans ses aspects les plus établis, comme l'observe le Génie de combat israélien. Le bataillon de reconnaissance "Mahsar" est transformé en "Ma'arag", une unité d'autonomie et de robotique.
« Durant les combats, nous avons réalisé l'immense potentiel de l'intégration des robots sur le champ de bataille », explique le Lt-Col. L., chef de la doctrine et des capacités du Corps. « Cela protège les vies humaines et permet d'exécuter des missions plus audacieuses ou tactiques, d'une manière totalement différente. » Désormais, cette capacité n'est plus réservée aux unités spéciales, mais devient une méthode opérationnelle pour les bataillons eux-mêmes.
Auparavant, le "Mahsar" fonctionnait comme une section de reconnaissance d'infanterie, dont le rôle principal était de fournir une image situationnelle du terrain, d'identifier les obstacles et de détailler les informations pour les forces engagées.
L'intégration de la robotique, bien que non nouvelle, a été accélérée par la guerre. Des développements tels que le bulldozer "Panda" et d'autres moyens d'observation, de balayage, de reconnaissance et d'opérations d'ingénierie à distance ont été déployés.
La véritable valeur réside dans la connexion de ces outils robotiques pour un effort unifié. « En combinant un véhicule d'ingénierie robotisé avec un véhicule blindé de transport de troupes robotisé et un drone accompagnateur, on obtient un cadre opérationnel précis qui réduit le risque pour nos soldats », souligne le Lt-Col. L. Il est ainsi possible de transporter des explosifs lourds, de remorquer des charges, de détruire des cibles, le tout à distance.
Un incident lors de l'opération "Chariots de Gideon" illustre l'importance de ces technologies. Un bulldozer télécommandé "Panda", déployé pour scanner des structures suspectes dans le sud de la bande de Gaza, a heurté une charge explosive et a été gravement endommagé. « Bien que ce développement ait coûté cher en temps et en ressources, il n'y avait aucun soldat sur place », précise le Lt-Col. L. Cette expérience, comme d'autres face aux tirs antichars, aux snipers et aux embuscades explosives, a démontré la nécessité que ces véhicules robotisés soient en première ligne pour absorber les coups à la place des hommes.
Depuis, l'intégration de la robotique dans tout le Corps a été facilitée. « Nous avons compris qu'il fallait se préparer différemment, en doctrine, en entraînement, et surtout dans la pensée », ajoute le chef de la branche. Il ne s'agit plus seulement de savoir opérer un outil, mais de construire des procédures, de développer des formations et de sélectionner des individus pour des domaines spécifiques.
L'ambition actuelle est de voir la robotique intégrée dans chaque cadre de combat du Génie de combat. « Ce n'est pas un spectacle solo, mais un partenariat impliquant de nombreux acteurs du Corps, des écoles et des unités, jusqu'aux corps technologiques qui soutiennent l'ensemble de l'effort », rappelle le Lt-Col. L.
Quant à l'avenir, le Lt-Col. L. se montre pragmatique et optimiste : « J'espère que dans une décennie, il y aura un système complet dédié à cela au sein du Corps. L'objectif est de passer d'un monde où la robotique était une capacité de niche détenue par quelques-uns, à une réalité où elle fait partie intégrante de l'identité opérationnelle et professionnelle des bataillons d'ingénierie. L'accélération de ce changement dépend, avant tout, de nous.








