Des scientifiques ouvrent la voie à la prochaine génération de répulsifs anti-moustiques

Par Pesach Benson • 24 février 2026

Jérusalem, 24 février 2026 (TPS-IL) — Un mystère qui perdure depuis des milliers d'années – pourquoi certains extraits de plantes éloignent de manière fiable les moustiques – a été résolu par une équipe internationale de scientifiques dirigée depuis Israël. Ces découvertes expliquent comment les composés des arbres à camphre déclenchent une réponse d'évitement codée chez les moustiques, offrant un plan potentiel pour une nouvelle génération de répulsifs plus précis et plus sûrs.

Pendant des millénaires, les populations d'Asie et d'ailleurs ont eu recours à des matières végétales riches en camphre et en bornéol pour tenir les moustiques à distance, même si ces insectes sont fortement attirés par des indices humains tels que le dioxyde de carbone et les odeurs corporelles. Jusqu'à présent, les scientifiques ne comprenaient pas pleinement comment les odeurs répulsives pouvaient outrepasser ces signaux d'attraction dans le cerveau du moustique.

Une étude dirigée par le Dr Jonathan Bohbot du Département d'Entomologie de l'Université hébraïque de Jérusalem identifie un récepteur olfactif spécifique chez les moustiques qui détecte le bornéol, un composé naturel présent dans les huiles d'arbres à camphre utilisées depuis des siècles comme répulsifs contre les insectes.

L'équipe de chercheurs de l'Université Baylor, de l'Université de Washington, de l'Université de Californie, de l'Université suédoise des sciences agricoles et d'autres partenaires internationaux a découvert qu'un récepteur olfactif hautement conservé, connu sous le nom d'OR49, est finement réglé pour détecter le bornéol chez plusieurs espèces majeures de moustiques, y compris celles responsables de la propagation de la dengue, du Zika et du virus du Nil occidental. L'activation de ce récepteur déclenche une voie neuronale dédiée qui amène les moustiques à éviter activement la source de l'odeur.

En utilisant une combinaison de génie génétique, d'enregistrements électrophysiologiques, d'imagerie cérébrale et d'expériences comportementales, l'équipe a montré que le bornéol active un neurone sensoriel spécialisé situé dans le palpe maxillaire du moustique, un organe central dans la détection de l'hôte. Notamment, ce neurone se trouve directement à côté des neurones détectant l'attraction qui aident les moustiques à localiser les humains, révélant une architecture neuronale intégrée qui combine les signaux de répulsion avec les indices de recherche d'hôte.

Pour accélérer l'identification des activateurs naturels pertinents de cette voie, les chercheurs se sont tournés vers une source inattendue : l'huile essentielle de cannabis. En criblant et en fractionnant plusieurs préparations d'huile de cannabis et en utilisant l'activation de l'OR49 comme indicateur biologique, ils ont pu isoler le bornéol comme activateur le plus puissant du récepteur. Cette approche a permis à l'équipe de relier des mélanges végétaux complexes à des composés spécifiques actifs sur le comportement et de connecter des remèdes botaniques traditionnels à des cibles sensorielles précises chez les moustiques.

Des tests comportementaux ont confirmé la signification réelle de ces découvertes. Les moustiques exposés au bornéol étaient significativement moins susceptibles d'approcher la peau humaine et y passaient beaucoup moins de temps. Lorsque le récepteur OR49 était génétiquement désactivé, les moustiques ne réagissaient plus au bornéol, démontrant que ce récepteur unique est essentiel à l'effet répulsif.

« Ces résultats expliquent, au niveau moléculaire et neuronal, pourquoi le bornéol est utilisé comme répulsif contre les moustiques depuis des milliers d'années », a déclaré Bohbot. « En identifiant le récepteur exact impliqué, nous pouvons commencer à concevoir des répulsifs plus ciblés et potentiellement plus sûrs qui exploitent le propre système sensoriel du moustique. »

Ces découvertes ouvrent la voie à une nouvelle génération de répulsifs contre les moustiques qui fonctionnent en activant précisément le circuit d'évitement de l'insecte plutôt qu'en s'appuyant sur une irritation chimique généralisée. En ciblant directement le récepteur OR49, les futurs répulsifs pourraient être efficaces à des concentrations plus faibles, offrir une protection plus durable et être plus constants sur différentes espèces de moustiques. Cette approche ouvre également la porte à des alternatives aux produits chimiques plus couramment utilisés mais potentiellement nocifs tels que le DEET.

Au-delà des produits de consommation, cette recherche a des implications importantes pour la santé publique et la prévention des maladies. Des répulsifs plus efficaces pourraient aider à limiter la propagation de maladies telles que la dengue, le Zika, le paludisme et le virus du Nil occidental, en particulier dans les régions à haut risque. Ces découvertes soutiennent également le développement de répulsifs spatiaux, y compris des vêtements traités, des moustiquaires, des diffuseurs d'intérieur et des barrières extérieures, offrant une protection continue dans les maisons et les espaces publics plutôt que de dépendre uniquement de solutions appliquées sur la peau.

L'étude a été publiée dans la revue à comité de lecture Nature Communications.