Par Edy Cohen • 4 mars 2026
Depuis des décennies, les échos de « Allahumma Alayka bil Yahud » – Ô Allah, agis contre les Juifs – émanent des minarets de La Mecque. Il s’agit d’une prière non pas de résistance politique, mais d’une hostilité théologique brute et systémique.
En tant que chercheur ayant grandi dans le monde arabe, connaissant son histoire, ses racines et ses recoins les plus sombres, je vois le masque enfin tomber. La direction saoudienne est actuellement prise au piège de ses propres actions. Alors qu’elle diffuse des prières contre la « race des Juifs », incluant les Juifs de Londres au Brésil et partout ailleurs, elle se retrouve paralysée face à de véritables menaces existentielles. L’ironie est aussi épaisse que la fumée au-dessus des installations d’Aramco : pendant que les clercs parrainés par l’État de Riyad maudissent le peuple juif, ce sont les drones soutenus par l’Iran et les missiles houthistes qui déchirent la souveraineté saoudienne.
Le silence des lâches
La question à laquelle le gouvernement saoudien doit répondre est simple : de qui avez-vous vraiment peur ? Il y a trois semaines, le monde a regardé la direction saoudienne rester silencieuse lors de nouvelles escalades régionales. Ils ont attaqué les Accords d’Abraham, qualifiant les Émirats de « sionistes » pour avoir choisi la voie du pragmatisme, et pourtant ils sont restés muets lorsque leur propre sol a été frappé. Ils jouent un dangereux double jeu, murmurant des promesses à Washington tout en signalant leur soumission à Téhéran.
Ce n’est pas un message au peuple saoudien, dont beaucoup sont opprimés et déconnectés des caprices de leurs dirigeants. C’est une mise en accusation directe d’une direction qui agit comme un groupe d’adolescents jouant avec un feu qu’ils ne peuvent éteindre. Ils pensent déjouer le monde en finançant des journalistes et en manipulant des bots pour attaquer leurs voisins à Abou Dabi et Dubaï, mais le monde n’est pas un âne. Nous voyons la peur. Nous voyons l’hésitation.
Un jugement divin
Il y a une profonde hypocrisie à appeler la colère de Dieu sur un peuple qui vous surpasse actuellement dans tous les domaines, technologiquement, militairement et diplomatiquement. Pendant que l’Arabie saoudite se cache derrière des condamnations et des dénégations de la présence de bases américaines sur son sol, Israël continue de démanteler la menace iranienne pièce par pièce. La direction saoudienne supplie les États-Unis pour des avions de chasse F-35, mais dans quel but ? Pour les garer dans un garage ? Une arme n’est aussi forte que la main qui la tient, et actuellement, ces mains tremblent. Les « Anitariyyat », ces fausses démonstrations de machisme arabe, sont réservées uniquement aux autres Arabes. Face au véritable ennemi à Téhéran, la réponse saoudienne est un silence assourdissant.
La fin du mirage de la normalisation
À ceux qui, en Occident et au sein du Royaume, parlent de normalisation, permettez-moi d’être clair : nous n’en voulons pas. Le paradigme a changé. Même si la direction saoudienne devait tomber à genoux, les termes ont changé. Le peuple juif ne recherche pas l’amitié de ceux qui passent leurs vendredis à prier pour notre perte. Nous sommes témoins de ce qui ne peut être décrit que comme un moment de jugement. Les calamités auxquelles le Royaume est actuellement confronté sont le résultat direct d’une boussole morale corrompue.
Le gouvernement saoudien pense pouvoir jouer sur tous les fronts indéfiniment. Ils se croient les leaders du monde islamique, et pourtant ils avalent l’amertume de l’agression iranienne et prétendent que c’est du miel.
L’ère de la tromperie saoudienne touche à sa fin. Il est temps pour Riyad de cesser de chercher des ennemis dans les synagogues du monde et de commencer à se regarder dans les miroirs de ses propres palais. Les menaces sont internes, la peur est palpable, et le temps presse.