Par Kostis Konstantinou • 5 avril 2026
Jérusalem, 5 avril 2026 (TPS-IL) — Des chercheurs de l’Université hébraïque de Jérusalem ont découvert un mécanisme en deux parties utilisé par une souche pathogène d’E. coli pour affaiblir la réponse immunitaire humaine, démontrant comment une seule protéine bactérienne peut à la fois supprimer les signaux d’alarme à l’intérieur des cellules et empêcher la cellule de reprendre le contrôle. L’étude, publiée dans Advanced Science, s’est concentrée sur Escherichia coli entéropathogène (EPEC), une bactérie qui provoque des infections intestinales. L’EPEC utilise un système d’injection moléculaire pour délivrer des protéines directement dans les cellules humaines, où elles modifient les processus cellulaires pour aider le pathogène envahisseur.
Les chercheurs ont découvert que l’une de ces protéines, NleD, fonctionne avec une plus grande précision que ce que l’on pensait auparavant. Il était déjà connu que NleD désactivait la signalisation immunitaire en coupant des molécules intracellulaires qui permettent aux cellules de détecter une infection et d’activer une réponse de défense. La nouvelle recherche démontre que la même protéine cible également un régulateur qui aide à gérer ce réseau de signalisation.
Au lieu de détruire le régulateur, NleD s’y lie et bloque sa fonction, l’empêchant d’interagir avec ses cibles cellulaires normales. Selon les chercheurs, cela confère à la bactérie un double avantage : elle affaiblit la réponse immunitaire initiale et perturbe également le système qui aiderait normalement la cellule à rééquilibrer ces signaux. L’étude a été dirigée par le Dr Yaakov Socol, avec les professeurs Sigal Ben-Yehuda, Yael Litvak et Ilan Rosenshine de l’Université hébraïque, en collaboration avec le professeur J. Sivaraman de l’Université nationale de Singapour.
Ces découvertes améliorent la compréhension des scientifiques sur la manière dont les pathogènes bactériens manipulent les cellules hôtes pendant l’infection. Les chercheurs ont déclaré que ces travaux pourraient également influencer les futures stratégies de traitement, d’autant plus que la résistance aux antibiotiques suscite un intérêt croissant pour des alternatives aux médicaments conventionnels.
Une telle approche consiste à cibler les interactions spécifiques entre les protéines bactériennes et les cellules humaines, plutôt qu’à simplement tuer les bactéries elles-mêmes. L’étude offre également de nouvelles perspectives sur le fonctionnement des voies de signalisation immunitaire dans des conditions normales et sur la manière dont elles sont perturbées pendant l’infection.