Israël : de profondes disparités persistent entre populations juive et arabe
Jérusalem, 17 février 2026 (TPS-IL) — De profondes disparités persistent entre les populations juive et arabe d’Israël, selon de nouveaux chiffres publiés par le Bureau central des statistiques.
Une analyse des données de 2024 portant sur 79 indicateurs couvrant l’emploi, la santé, l’éducation, le logement, la participation civique et le bien-être personnel a révélé que les Juifs obtenaient de meilleurs résultats sur 55 indicateurs, les Arabes sur 18, avec une égalité constatée dans seulement cinq. Ces conclusions font partie d’une initiative gouvernementale en cours, lancée suite à une décision de cabinet de 2015, visant à suivre systématiquement les inégalités entre les groupes de population dans la société israélienne.
Les Arabes et autres minorités représentent environ 20 % de la population israélienne, incluant les musulmans, les Arabes chrétiens, les Druzes et d’autres non classés par religion dans le registre de la population.
Les écarts étaient les plus marqués dans l’emploi et les revenus. Le taux d’emploi chez les Juifs s’élevait à 63,6 % contre 48 % chez les Arabes, une disparité que le rapport a décrite comme représentant « un écart de 25 % en faveur des Juifs ». Le revenu brut médian du travail racontait une histoire similaire : les ménages juifs gagnaient 21 038 shekels (6 791 $) par mois, contre 13 331 shekels (4 303 $) pour les ménages arabes. Le chômage de longue durée – défini comme une absence d’emploi dépassant six mois – s’élevait à 40,7 % chez les Arabes, contre 17 % chez les Juifs.
Les écarts étaient également prononcés dans la vie civique. La participation électorale arabe lors des dernières élections à la Knesset a atteint 52,3 %, contre 74,2 % chez les Juifs, tandis que l’engagement civique arabe – défini comme une participation active aux affaires publiques ou communautaires – a été enregistré à seulement 1,9 %, contre 16,4 % chez les Juifs. Les femmes occupant des postes de direction dans le secteur public illustraient une autre dimension de la fracture : 44,1 % chez les Juives contre 12 % chez les Arabes, un écart qui, selon le rapport, s’est considérablement creusé entre 2023 et 2024.
Cependant, les données n’étaient pas uniformément sombres pour les citoyens arabes. Les Arabes ont rapporté une plus grande satisfaction quant à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, une confiance plus élevée dans le système de santé – 85,5 % contre 81,1 % chez les Juifs – et une satisfaction notablement plus forte à l’égard des écoles à tous les niveaux, les élèves et parents arabes notant systématiquement leurs établissements d’enseignement plus favorablement que leurs homologues juifs. Les Arabes ont également signalé des taux d’incidence de cancer plus faibles et un plus grand sentiment de sécurité dans les environnements en ligne.
Le rapport a reconnu que l’écart dans l’éligibilité au baccalauréat en mathématiques – une voie clé vers l’enseignement supérieur – s’est creusé entre 2015 et 2024, atteignant une différence de 36 points de pourcentage en faveur des Juifs l’année dernière.