Le ministre des Finances suspend une énorme taxe sur l’aluminium
Le ministre israélien des Finances a bloqué une taxe de 34 % à 105 % sur l'aluminium importé de Chine, évitant ainsi une pénurie de 23 000 tonnes pour le marché de la construction et du logement.
Voici la situation et les considérations pour la décision :
Une recommandation problématique à un moment critique
Le superviseur des taxes commerciales au ministère de l’Économie et le comité consultatif ont recommandé d’imposer une taxe sans précédent de 34 % à 105 % sur les importations d’aluminium en provenance de Chine pendant 5 ans, invoquant un « dumping » nuisible à l’industrie locale.
La recommandation était basée sur des données de 2023 – une année de guerre et de taux d’intérêt élevés. Le déclin des profits des usines était dû à la situation économique et à la stagnation dans la construction, et non nécessairement au prix chinois.
Création d’une pénurie importante sur le marché de la construction et du logement
Le ministre des Finances révèle un chiffre dramatique dans sa lettre : le blocage des importations en provenance de Chine n’est pas seulement une question économique, mais entraînera une pénurie physique de matières premières, l’industrie locale étant spécialisée principalement dans la construction privée et de luxe, et n’étant pas équipée pour fournir des profilés standard pour la construction à haute densité (tours) dans les volumes requis.
Les chiffres bruts pour 2025 :
– Demande attendue dans l’économie : environ 99 000 tonnes d’aluminium.
– Capacité de production locale maximale : environ 51 000 tonnes seulement.
– Importations d’autres pays (hors Chine) : environ 25 000 tonnes.
– Le résultat : une pénurie (« écart ») d’environ 23 000 tonnes par an.
L’implication : accepter la position du ministère de l’Économie entraînerait l’arrêt des chantiers, des retards dans la remise des clés aux acheteurs et le développement d’un « marché noir ».
Une mesure qui contribuera à l’aggravation du coût de la vie et du logement (environ 600 millions de shekels par an)
Selon les calculs du Trésor, l’imposition de la taxe signifie un dommage direct d’environ 600 millions de shekels par an pour l’économie.
L’aluminium représente environ 5,8 % de l’indice des intrants de la construction résidentielle. Toute augmentation de son prix est répercutée directement sur les poches des acheteurs d’appartements.
Le marché israélien de l’aluminium est concentré (oligopole). Les importations sont le seul facteur limitant les prix. De plus, la modification des tarifs maintenant crée une incertitude réglementaire dangereuse avant la réforme « Ce qui est bon pour l’Europe » en 2027. Le marché est en pleine transition vers les normes internationales, et l’imposition de nouvelles restrictions commerciales perturbe les préparatifs des importateurs et contredit la politique du gouvernement visant à supprimer les obstacles et à ouvrir le marché.
Soutien professionnel et juridique
La décision du ministre adopte la position des hauts responsables professionnels et est juridiquement ancrée :
Autorité légale : La décision est basée sur des décisions de justice (« l’affaire du cannabis ») et des avis juridiques, qui permettent au ministre des Finances de prendre en compte des considérations larges (logement, coût de la vie) et de ne pas être un « tampon » pour le superviseur.
Autorité de la concurrence : A déterminé qu’il existe une grave préoccupation de nuire à la concurrence et que les fabricants locaux ne sont pas en mesure de répondre à la demande.
Économiste en chef : A souligné que les données sur lesquelles le superviseur a basé sa décision étaient partielles et que les « dommages » à l’industrie provenaient de la guerre et d’une pénurie de main-d’œuvre.
Le chiffre qui change la donne : la Chine a annulé ses subventions
Au cours de l’enquête, il est apparu que le gouvernement chinois avait récemment annulé une subvention de 13 % sur les exportations d’aluminium. L’implication : le prix en provenance de Chine augmente déjà. L’imposition d’une taxe supplémentaire constituerait une « double peine » et serait inutile pour le consommateur israélien.
D’après les propos du ministre des Finances, Bezalel Smotrich : « Mon rôle est de regarder l’ensemble de l’économie. Je ne permettrai pas une mesure qui enrichirait un petit nombre d’usines au détriment de chaque citoyen en Israël, aggraverait la crise du logement et alimenterait le coût de la vie. »


























