Par Pesach Benson • 30 avril 2026
Jérusalem, 30 avril 2026 (TPS-IL) — De nouvelles recherches israéliennes suggèrent que les mères pourraient façonner la santé bucco-dentaire de leurs enfants bien avant l’apparition de la première dent, offrant potentiellement de nouvelles façons de prévenir les maladies des gencives en influençant le développement immunitaire précoce.
Des scientifiques de l’Université hébraïque de Jérusalem ont découvert que les anticorps maternels font plus que protéger les nouveau-nés en début de vie ; ils contribuent à programmer les réponses immunitaires à long terme dans la bouche.
L’étude, dirigée par le professeur Avi-Hai Hovav et Reem Naamneh, étudiante DMD/PhD à la Faculté de médecine dentaire, s’est concentrée sur la période post-natale, lorsque la bouche du bébé est d’abord exposée à un grand nombre de microbes. Ils ont identifié deux voies clés de transfert immunitaire maternel : les anticorps transmis pendant la grossesse et les anticorps délivrés par le lait maternel. Ces deux systèmes jouent des rôles développementaux très différents.
La découverte la plus significative concerne les anticorps transférés pendant la grossesse, connus sous le nom d’IgG. Ces anticorps atteignent les glandes salivaires du nourrisson et entrent dans la salive, où ils contribuent à définir le comportement immunitaire. Selon les chercheurs, ils « apprennent au système immunitaire à rester calme en présence de bactéries amicales tout en le préparant aux menaces futures ».
Dans des modèles de laboratoire, les descendants qui manquaient de ces anticorps prénataux ont développé des réponses immunitaires hyperactives, des niveaux bactériens plus élevés dans les tissus gingivaux et un risque accru de parodontite à l’âge adulte. Cela suggère que l’« instruction » immunitaire précoce pourrait influencer le risque de maladie des décennies plus tard.
Les anticorps du lait maternel ont rempli une fonction différente, aidant à construire et à réguler la barrière épithéliale orale. Ils contrôlent ce que les chercheurs décrivent comme le « scellement de la barrière », garantissant que la muqueuse protectrice de la bouche se développe au bon moment en fonction de l’exposition microbienne.
L’étude a également révélé que lorsque ces anticorps étaient perturbés — notamment par une exposition aux antibiotiques — l’intégrité de la barrière orale était affaiblie, laissant la bouche plus vulnérable pendant le développement précoce.
Les chercheurs ont également découvert que les anticorps maternels ciblent spécifiquement les bactéries orales nocives, y compris les membres de la famille des Pasteurellaceae, qui sont liées à des formes agressives de maladies des gencives.
L’une des applications potentielles les plus importantes est la vaccination maternelle pendant la grossesse. Les chercheurs suggèrent que le renforcement d’anticorps spécifiques chez les femmes enceintes pourrait aider à « pré-programmer » le système immunitaire du nourrisson pour mieux contrôler les bactéries orales nocives, réduisant potentiellement le risque de maladies des gencives telles que la parodontite tout au long de la vie.
L’étude suggère également que l’utilisation d’antibiotiques pendant l’allaitement ou la petite enfance pourrait interférer involontairement avec la manière dont les anticorps du lait maternel aident à construire et à stabiliser la muqueuse protectrice de la bouche. Cela pourrait conduire à une utilisation plus prudente et ciblée des antibiotiques pendant ces stades sensibles.
L’étude a été publiée dans la revue à comité de lecture Nature Communications.