Le cabinet élargi d’Israël sape l’efficacité et brûle de l’argent, selon le rapport du Contrôleur de l’État

Par Pesach Benson • 5 mai 2026

Jérusalem, 5 mai 2026 (TPS-IL) — L'augmentation du nombre de ministères en Israël et les restructurations fréquentes sapent la gouvernance, perturbent les services publics et génèrent des gaspillages financiers considérables, selon un rapport spécial du Contrôleur de l'État Matanyahu Englman, publié mardi.

Le Contrôleur de l'État – l'autorité d'audit public indépendante d'Israël chargée d'examiner la préparation du gouvernement et l'efficacité des politiques – a constaté une instabilité systémique dans l'allocation des responsabilités entre les ministères, ainsi que des changements structurels répétés qui ont affaibli la planification et l'exécution à long terme.

« Près de la moitié des ministères du gouvernement israélien pendant la période d'audit – 15 sur 31 – n'existent pas, ou existent à peine, dans les pays comparables », tels que le Danemark, la Norvège, la Finlande, la Suède et la France, indique le rapport.

Le gouvernement formé fin 2022 sous la direction du Premier ministre Benyamin Netanyahou comptait 38 ministres, le nombre le plus élevé depuis la création d'Israël en 1948.

Selon l'audit, entre mars 2024 et mars 2025, 76 décisions gouvernementales ont concerné des changements structurels au sein des ministères et des agences. Sur 50 domaines politiques fonctionnels examinés, 40 % ont été transférés entre ministères plus d'une fois, certains ayant été déplacés jusqu'à quatre fois. Le processus de transfert moyen a pris environ 7,5 mois à s'achever.

Le rapport note qu'un amendement de 2014 à la Loi fondamentale d'Israël : Le Gouvernement avait tenté de limiter la taille du cabinet à 19 ministres, invoquant des préoccupations concernant l'inefficacité et les retards de prise de décision. Cette disposition a été abrogée en 2020.

La Division du budget du ministère des Finances a estimé que la réduction du nombre de ministères de 33 à 15 aurait pu permettre d'économiser jusqu'à 780 millions de shekels en 2024 seulement (264,6 millions de dollars), avec des économies annuelles projetées à long terme d'environ 1,15 milliard de shekels (390 millions de dollars). D'autres scénarios de consolidation, y compris une réduction à 23 ministères, ont également été évalués mais non mis en œuvre.

Le rapport met en évidence plusieurs cas où des transferts répétés de responsabilités ont perturbé les services et réduit l'efficacité opérationnelle. L'Autorité de planification agricole a été transférée du ministère de l'Agriculture au ministère du Néguev et de la Galilée en 2023, puis est revenue deux ans plus tard. La transition était incomplète, le personnel n'ayant pas été transféré avec l'autorité. Pendant cette période, le comité responsable de l'attribution des terres agricoles a approuvé une superficie environ 87 % inférieure à celle de l'année précédente.

L'Autorité des droits des survivants de la Shoah, qui dessert environ 120 000 survivants et dispose d'un budget annuel de 3,9 milliards de shekels (1,3 milliard de dollars), a été déplacée entre trois ministères depuis 2020. Les efforts de modernisation de ses systèmes informatiques ont coûté 24 millions de shekels (8,1 millions de dollars) sur quatre ans, dont environ 14 millions de shekels (4,7 millions de dollars) ont été jugés gaspillés. En 2025, l'autorité continue de s'appuyer sur des systèmes non pris en charge par leur fabricant depuis 17 ans, créant ce que le rapport a décrit comme un risque de défaillance du système.

Un autre cas concerne un groupe de travail créé en mai 2024 pour coordonner la reconstruction dans les communautés du nord touchées par la guerre avec le Hezbollah. Il a été transféré entre ministères en moins de six mois. Son directeur a ensuite démissionné, invoquant une autorité réduite. Début 2026, aucun plan de reconstruction complet pluriannuel n'a été approuvé par le gouvernement.

Le Contrôleur de l'État a conclu que des comités professionnels recommandent à plusieurs reprises la consolidation des ministères et la réduction des doublons depuis 2011, mais que ces recommandations n'ont pas été mises en œuvre en raison de contraintes politiques.

M. Englman a appelé le gouvernement à veiller à ce que les changements structurels soient précédés d'une planification et d'une évaluation approfondies, et à examiner sérieusement les propositions de consolidation de longue date. Le rapport avertit que les inefficacités causées par des réaffectations fréquentes de responsabilités pourraient s'intensifier considérablement en cas d'urgence, lorsque la stabilité administrative est particulièrement critique.