Des feuilles révèlent une piste cachée de produits chimiques éternels, selon une étude

Les plantes révèlent la pollution atmosphérique invisible, selon une étude israélienne

Jérusalem, 11 juin 2026 (TPS-IL) — Une nouvelle étude suggère que les plantes pourraient révéler discrètement la pollution environnementale que les tests de sol standards manquent, particulièrement lorsque la contamination est transportée par l'air.

Des chercheurs travaillant dans des champs agricoles du sud d'Israël ont découvert un schéma frappant : les feuilles de pomme de terre contenaient des niveaux significativement plus élevés de certains produits chimiques PFAS que le sol dans lequel elles poussaient. Dans certains cas, les concentrations dans les feuilles étaient des centaines de fois supérieures à celles des échantillons de sol voisins, indiquant une voie d'exposition qui contourne presque entièrement le sol.

Ces découvertes proviennent de chercheurs de l'Université hébraïque de Jérusalem, de l'Organisation de recherche agricole (ARO) Volcani Institute, du Laboratoire national de santé publique d'Israël et du Centre de R&D du Sud (MOP Darom). L'étude, publiée dans le Journal of Hazardous Materials, a examiné comment les « produits chimiques éternels » se déplacent dans les environnements agricoles.

Les PFAS — substances per- et polyfluoroalkylées — sont largement utilisés dans des produits tels que les ustensiles de cuisine antiadhésifs, les textiles imperméables, les emballages alimentaires et les mousses anti-incendie. Ils sont connus sous le nom de « produits chimiques éternels » car ils se dégradent extrêmement lentement dans l'environnement et peuvent s'accumuler dans l'air, l'eau, le sol et les organismes vivants au fil du temps.

Pour retracer le déplacement de ces substances dans les terres agricoles, les chercheurs ont analysé le sol, les feuilles de pomme de terre et les tubercules de pomme de terre provenant de champs du sud d'Israël. Les résultats ont montré une nette divergence entre ce que le sol reflétait et ce que les plantes absorbaient.

Les échantillons de sol reflétaient principalement une contamination à long terme, y compris des PFAS liés à des pratiques agricoles historiques telles que l'utilisation d'eaux usées traitées et de biosolides pour l'irrigation et la fertilisation. En effet, le sol fournissait un enregistrement de l'exposition cumulative au fil du temps.

Les feuilles racontent une autre histoire

Les plantes, cependant, ont montré un schéma différent. Les feuilles de pomme de terre contenaient des niveaux élevés de composés PFAS à chaîne courte, qui sont plus susceptibles de voyager par l'atmosphère. Cela suggère qu'au moins une partie de la contamination pourrait arriver par dépôt atmosphérique directement sur les surfaces des plantes, plutôt que uniquement par absorption racinaire du sol.

En termes pratiques, le sol reflète l'exposition passée, tandis que les feuilles peuvent capturer des conditions environnementales plus récentes.

Les chercheurs notent que les tests de sol sont couramment utilisés comme méthode principale pour évaluer la contamination environnementale. Cependant, le sol intègre les apports sur de longues périodes, masquant potentiellement les changements à court terme. Les plantes, en revanche, peuvent réagir plus rapidement aux conditions environnementales actuelles, en particulier aux polluants atmosphériques.

L'étude n'a pas non plus trouvé de corrélation claire entre les niveaux de PFAS dans le sol et la proximité des champs avec les zones de conflit voisines. Les chercheurs ont noté que les PFAS atmosphériques peuvent provenir de multiples sources, y compris les mousses anti-incendie et divers processus industriels. Cependant, l'étude n'a pas identifié de source spécifique des composés détectés.

Pour les consommateurs, ces découvertes offrent une mesure de réassurance : les tubercules de pomme de terre comestibles contenaient des niveaux de PFAS significativement plus bas que les feuilles, suggérant un transfert limité vers les parties de la plante généralement consommées.

L'étude a conclu que la surveillance basée sur les plantes pourrait compléter les tests de sol existants, offrant un outil plus réactif pour détecter la pollution environnementale récente. Les régulateurs, les chercheurs et les agences agricoles pourraient utiliser la végétation — en particulier les feuilles — comme un outil d'alerte précoce pour détecter de nouveaux événements de pollution que les tests de sol pourraient manquer ou ne révéler qu'après de longs délais.

« Nos conclusions suggèrent que la végétation peut fournir des informations uniques sur les processus environnementaux en cours et peut servir d'indicateur efficace de la contamination atmosphérique récente », ont déclaré les chercheurs.