Par Pesach Benson • 2 juillet 2026
Jérusalem, 2 juillet 2026 (TPS-IL) — Des scientifiques israéliens ont découvert comment les tumeurs cancéreuses peuvent exploiter une fonction normale du système immunitaire, une découverte qui pourrait éventuellement mener à de nouveaux traitements contre le cancer.
Une étude menée par des chercheurs de l'Université de Tel-Aviv s'est concentrée sur les macrophages, des cellules immunitaires qui patrouillent le corps et éliminent les cellules mortes et endommagées. Ce processus aide à maintenir les tissus sains et à prévenir l'inflammation.
Les scientifiques savaient depuis longtemps que les tumeurs pouvaient recruter des macrophages pour soutenir leur croissance, mais le mécanisme par lequel les cellules immunitaires saines sont transformées en cellules soutenant la tumeur restait flou.
L'étude, dirigée par le Dr Merav Cohen de l'Université de Tel-Aviv et les étudiants doctorants Roi Balaban et Ori Moskowitz, a révélé que le processus commence lorsque les macrophages engloutissent des cellules cancéreuses mortes. Au lieu de simplement décomposer les débris cellulaires, les macrophages subissent des changements dans leur activité génétique qui altèrent leur comportement et les orientent vers le soutien de la croissance tumorale.
Pour observer ce processus, les chercheurs ont développé une nouvelle technique appelée Effero-seq, qui leur a permis d'identifier les macrophages ayant consommé des cellules cancéreuses mortes et de suivre l'évolution de leur expression génique au fil du temps.
En utilisant un modèle de mélanome, l'équipe a découvert que ces macrophages reprogrammés activaient des gènes qui favorisent la formation de nouveaux vaisseaux sanguins au sein des tumeurs. Ces vaisseaux sanguins fournissent aux tumeurs de l'oxygène et des nutriments, leur permettant de croître plus rapidement. Dans le même temps, les macrophages devenaient moins réactifs aux signaux qui déclenchent normalement des attaques immunitaires contre les cellules cancéreuses.
Les chercheurs ont également analysé des données de patients atteints de mélanome uvéal, une forme rare de cancer de l'œil. Ils ont constaté que les patients dont les tumeurs contenaient un plus grand nombre de macrophages présentant cette signature génétique avaient généralement des taux de survie plus faibles, suggérant que le mécanisme pourrait également jouer un rôle dans la maladie humaine.
Selon le Dr Cohen, ces découvertes offrent un nouvel éclairage sur la manière dont les tumeurs manipulent les défenses immunitaires du corps.
« Mieux nous comprendrons ces mécanismes, mieux nous serons équipés pour développer des traitements qui les bloquent et restaurent la capacité du système immunitaire à combattre le cancer », a déclaré le Dr Cohen.
Les chercheurs suggèrent que les futures thérapies pourraient se concentrer non seulement sur le ciblage direct des cellules cancéreuses, mais aussi sur la prévention de la reprogrammation des cellules immunitaires pour soutenir la croissance tumorale. Cependant, ils avertissent que cette approche reste expérimentale et nécessitera des études supplémentaires avant une application clinique.
« Cette recherche pointe vers une cible thérapeutique nouvelle et prometteuse, qui se concentre non seulement sur les cellules cancéreuses elles-mêmes, mais aussi sur les processus qui leur permettent de prospérer », a déclaré le Dr Cohen.
Les résultats ont été publiés dans la revue à comité de lecture Science Immunology.








