Découverte de la mémoire atmosphérique : une avancée pour la prévision climatique

DERNIÈRE MINUTE : Publié il y a 1 heure

Par Pesach Benson • 10 juin 2026

Jérusalem, 10 juin 2026 (TPS-IL) — Des scientifiques israéliens ont découvert que les particules atmosphériques connues sous le nom d'aérosols peuvent réchauffer brièvement la planète avant de contribuer finalement à son refroidissement, une découverte qui pourrait améliorer les prévisions climatiques.

Les aérosols sont de minuscules particules dans l'air produites par des sources telles que la pollution, les feux de forêt, les tempêtes de poussière, les embruns marins et l'activité industrielle. Les scientifiques savent depuis longtemps qu'ils influencent les nuages et la température, mais la nouvelle recherche montre que le moment de ces effets est aussi important que leur taille ou leur concentration. Comme leurs effets peuvent changer avec le temps, les modèles climatiques actuels pourraient manquer d'importants réchauffements à court terme et des réponses de refroidissement à plus long terme, rendant plus difficile la prédiction précise des futurs changements de température.

À l'aide de simulations informatiques, une équipe de scientifiques dirigée par Guy Dagan de l'Institut des sciences de la Terre Fredy et Nadine Herrmann de l'Université hébraïque de Jérusalem a examiné ce qui se passe après une augmentation soudaine des niveaux d'aérosols. Ils ont découvert que pendant les deux premiers jours, l'atmosphère peut effectivement se réchauffer. Cela se produit parce que les changements dans le comportement des nuages conduisent à la formation de plus de nuages en haute altitude, qui piègent la chaleur qui s'échapperait autrement dans l'espace.

Cependant, ils ont également constaté que ce réchauffement précoce ne dure pas. Les simulations ont montré que cette « mémoire » atmosphérique devient apparente à mesure que les systèmes nuageux continuent d'évoluer après l'augmentation initiale des aérosols.

« Une grande partie de ce que nous savons sur les interactions aérosols-nuages provient de l'observation de l'atmosphère à un moment donné », a déclaré Guy Dagan. « Nos résultats montrent que l'atmosphère a une mémoire. L'impact climatique des aérosols dépend non seulement du nombre de particules présentes, mais aussi de la rapidité avec laquelle les conditions changent et du temps dont l'atmosphère a disposé pour réagir. »

À mesure que l'atmosphère s'ajuste, les conditions dans les couches supérieures commencent à changer. Les systèmes nuageux évoluent, et avec le temps, ils permettent à plus de chaleur de s'échapper dans l'espace. À ce stade, l'effet global s'inverse, et les aérosols commencent à produire une influence de refroidissement.

En termes simples, les mêmes particules peuvent réchauffer la planète à court terme et la refroidir plus tard, en fonction du temps dont l'atmosphère a disposé pour réagir.

L'étude introduit également le concept de « mémoire atmosphérique », signifiant que l'impact climatique des aérosols dépend non seulement du nombre de particules présentes à un moment donné, mais aussi de la récente augmentation ou diminution de leurs niveaux.

Cela signifie que deux niveaux de pollution identiques pourraient toujours produire des résultats climatiques différents en fonction des changements récents des conditions atmosphériques.

Les chercheurs affirment que ces découvertes suggèrent une mise à niveau potentielle de la modélisation climatique, passant d'hypothèses statiques de « clichés » à des systèmes qui suivent l'évolution des niveaux d'aérosols et des réponses des nuages au fil du temps. Ce changement pourrait améliorer à la fois les prévisions à court terme des fluctuations climatiques et les projections à long terme du réchauffement climatique.

Les chercheurs ont déclaré que ces découvertes pourraient aider les décideurs politiques à mieux comprendre les effets climatiques à court terme des changements dans les réglementations sur les émissions, en particulier dans les régions fortement polluées.

Les conclusions ont été publiées dans la revue à comité de lecture Nature Communications.